NetNeutrality Replaying

Sommaire

NetNeutrality késako ?

Ce terme est apparu en 2005 suite aux comportements de filtrage de certains Fournisseurs d'accès à Internet en Amérique du nord (Comcast par exemple). Le professeur Tim Wu a réactualisé cette notion, mais l'idée n'est pas nouvelle, c'est même l'un des principes fondateurs d'Internet.

La définition de la neutralité d'un réseau informatique est la suivante :

"Tous les paquets sont traités de manière égale, quels que soient leurs source, destination ou contenu"

Bref historique d'Internet

La conception des protocoles informatiques d'échanges utilisés sur Internet est faite depuis sa création par des organisations non gouvernementales ou des associations de fait à but non lucratif et de manière collégiale où tout un chacun peut peut participer, qu'il soit simple particulier ou une grosse entreprise, en s'inscrivant tout simplement sur une liste de discussion. Pour en nommer quelques unes : l'IETF, L'ICANN, le w3c.

Dire que ces organismes sont les seuls architectes de l'Internet que nous connaissons serait faux, beaucoup d'autres entités ont participé à l'apparition de ce nouveau medium global comme les premiers hackers et plus globalement la communauté du « Free and Open Source Software (FOSS) » ou « Logiciel Libre ».

Rappelons ici que le terme « hacker » a été complètement dénaturé à dessein au fil du temps. A l'origine, un hacker est un passionné d'informatique en général et de programmation en particulier, animé par un esprit de découverte et de partage.

De plus Internet est né libre. En effet, une idée maîtresse qui a présidé à la conception des protocoles était : « Information should be free », c'est-à-dire : « l'Information devrait être libre ». Cette fameuse phrase vient de l'éthique des premiers hackers, et a conduit donc à la création de protocoles informatiques où toute forme de filtrage de contenu était exclue.

Une information est à prendre ici au sens informatique, à savoir que c'est un élément de connaissances pouvant être considéré ou traité par un ordinateur, c'est à dire à l'heure actuelle quasiment toutes les œuvres de l'esprit.

Une autre idée qui a été le fil conducteur de la conception d'Internet est que la source initiale d'une information se fait depuis la périphérie du réseau. Concrètement, tout un chacun ayant un ordinateur connecté à l'Internet peut y diffuser de l'information. Nous allons préciser ce point dans la suite.

Le « End to End »

La conception initiale de l'internet veut que l'inter-réseau ne soit qu'un moyen de transport et rien d'autre. Toute « l'intelligence » doit se retrouver à la périphérie. Par opposition, le Minitel, gloire de notre beau pays (et seulement de notre beau pays) était un terminal « bête » (un simple couple écran/clavier) et toute « l'intelligence » était rassemblée au centre du réseau, donnant ainsi aux détenteurs du « savoir » le contrôle absolu de sa diffusion.

Internet et liberté

La liberté au sein d'un réseau informatique n'a pas tout à fait le même sens que celui que l'on entend dans les sociétés humaines. Un petit effort de traduction est nécessaire.

  • La première liberté est le droit de circulation de l'information au sens informatique sur le réseau sans entraves. Ici, il n'est question que de bits qui circulent, sans se préoccuper de ce qu'ils véhiculent comme message ;
  • La deuxième liberté est le droit de participer à l'élaboration des protocoles informatiques, pour l'échanges de données ;
  • La troisième liberté est le droit de réutilisation de ces protocoles sans entrave légale ni financière ;
  • La quatrième liberté est celle d'un accès démocratique au réseau (par démocratique, entendre aussi bien l'aspect éducatif que l'aspect accessible au plus grand nombre dans une économie de marché).

Le fait que les opérateurs effectuent un filtrage de contenu, même si ce filtrage n'agit qu'au niveau des bits (Privilégier certains protocoles au détriment d'autres) est une violation de la première liberté. C'est également une démarche qui consiste à placer de « l'intelligence » au cœur du réseau, se rapprochant ainsi de la conception d'un réseau centralisé comme celui de notre bon vieux minitel.

Enjeux d'un Internet Libre

Enjeux et questions de fonds

Enjeux

Internet est un donc initialement un moyen de transport d'information, mais d'une conception particulière : il se contente d'assurer le transport de bits d'un émetteur vers un destinataire, sans se préoccuper du contenu. S'il fallait faire une analogie, nous dirions que la poste transporte des enveloppes, sans se soucier de ce qu'elles contiennent. Chacun peut envoyer un courrier à quiconque, sans devoir disposer de l'autorisation de la Poste, du moment que les protocole de transmission est respecté. Dans le cas de l'internet, les protocoles à respecter sont ceux de la couche « réseau » (couche 3) du modèle OSI, à savoir TCP ou UDP. Deux nœuds situés sur l'internet sont libres de convenir d'un protocole d'application (http, smtp, pop3...) et d'échanger entre eux les informations qu'ils souhaitent en utilisant ce protocole.

Il est donc bien évident qu'un tel medium va révolutionner le mode de vie des sociétés humaines sur le long terme. L'ampleur du changement est tel que les modes de distribution de l'information « traditionnels » vont perdre beaucoup de leur importance. Les entreprises qui contrôlent actuellement cette distribution « traditionnelle » de l'information voient d'un très mauvais œil la concurrence que leur fait l'internet et sa NetNeutrality.


Quid du cadre légal du contenu du medium global Internet ?

C'est une bonne question, merci de l'avoir posée ;-). En effet Internet n'ayant pas, par essence, une appartenance physique à un territoire particulier, les informations qui circulent dessus non plus. Une simple retranscription des lois de contrôle de contenu c'est à dire toutes les lois qui touchent à la propriété intellectuelle d'un pays sur un réseau mondial n'a pas de sens bien que nous ayons déjà vu ça en France. Typiquement un hébergeur de site Internet est rendu responsable du contenu, ce qui a conduit altern.org par exemple vers de nombreux procès iniques; alors que personne n'a jamais tenu responsable clairefontaine du contenu de ses cahiers ... Internet est comme une page blanche mondialement accessible sur laquelle tout le monde peut "écrire" et faire partager globalement sa création.

Au final, un nouveau cadre légal mondial devra être défini pour les contenus circulant sur Internet. Il devra être en accord avec les principes de liberté du réseau. Mais, dans tous les cas, il sera très difficile de le faire respecter.

Quid de la régulation d'Internet ?

Réguler les flux informationnels sur Internet ... vaste débat ...

Il faut déjà distinguer et expliquer :

  • Régulation à dessein idéologique et/ou moral :
    • Contrôle de contenu
    • Contrôle parental
    • Contrôle de la propriété intellectuelle
  • Régulation à dessein technique :
    • Minimiser la Bande Passante sur certains liens pour éviter la congestion (cache, tampon, buffer, slow-start, etc.)

Il faut également expliquer que selon ou se place le système de régulation sur Internet, soit il est en accord avec les préceptes fondateurs, soit non ... ensuite il faut aussi mentionner le fait que les systèmes de régulation externes et préexistant à Internet jouent aussi un rôle.

Quid du contrôle au final d'Internet ?

Réponse courte : les choix éthiques initiaux qui ont influencés sa conception survivront contre vents et marées et surtout que la manière dont il a été conçu est elle même un signifiant difficilement contournable (le signifié étant la liberté) sur le long terme car les gens qui ont le contrôle d'Internet au final ne sont pas les opérateurs mais les hackers (au sens premier heing).

Plus concrètement :

La remise en cause de la liberté de circulation des informations sur Internet par certains opérateurs sera contournée par les hackers qui sont beaucoup plus nombreux et motivés que les opérateurs (ils se battent pour un idéal, pas pour leur paye). Concrètement, l'apparition d'un daily motion, youtube, etc. en P2P, le tout offusqué (infiltrable) dans un logiciel libre n'est qu'une question de temps si la liberté de circulation est remise en cause de manière plus globale sur Internet (Remenber : "Code is the law"). Une illustration parfaite est par exemple le projet http://freenetproject.org/.

Méthodes de désinformation

  • dérive du sens du mot hacker assimilé à pirate et par la même présentation de la piraterie comme un mal et non une libération des connaissances, de la culture et du savoir.
  • non devoir d'éducation dans les pays démocratiques sur internet (le maintient dans l'ignorance d'un peuple est un moyen puissant de contrôle des opinions et existe tjs ...)
  • dérive du jeux des opérateurs pour devenir aussi contrôleurs de contenus au lieux de se borner à leur rôle initial : fournir les tuyaux et surtout présentation de ce comportement comme étant la solution, le tout en s'asseyant sur les libertés fondamentales du réseau des réseaux.
  • dérive des organismes fondateurs de l'internet comme l'IETF qui, parfois, jouent aux cons (c'est rare mais ça arrive de plus en plus souvent à cause des lobbying externe).
  • amalgame fallacieux entre Internet et pédophilie dans les medias télévisuels.
  • "Celui qui arrivera à troquer la liberté contre la sécurité aura réussi le tour de magie du siècle" © de plus ou moins B. Franklin.

Cadre légal et régulation (version "Prof")

Avec les moyens « traditionnels » de distribution de l'information, entre l'émetteur et les destinataires, il y a de plus ou moins nombreux intermédiaires qui exercent une certaine autorité dans la distribution. Ainsi, un cadre légal a été mis en place pour protéger les personnes concernées dans ces échanges. Sans porter de jugement de valeur sur ce cadre légal, en voici quelques aspects :

  • protection de la « propriété intellectuelle » ;
  • protection des « bonnes mœurs » ;
  • protection de la « sécurité du territoire » (terrorisme, subversion) ;
  • protection de la vie privée ;
  • ...

Dans le modèle de l'internet originel, il n'y a pas d'intermédiaire « sachant » entre un émetteur d'information et les destinataires de cette information. Autrement dit, les intermédiaires ne se préoccupent pas du contenu et ne peuvent donc exercer la moindre autorité sur sa distribution.

Dans ce modèle, la « protection » ne peut plus se faire autrement qu'à la source où à la destination. Idéalement, la source d'une information devrait avoir assez d'éthique pour qu'il n'y ait pas besoin de contrôle.

A défaut, les destinataires devraient eux aussi avoir assez d'éthique pour ne pas accepter toute source d'information, sans discernement.

Mais nous sommes ici dans un cas idéal, qui n'est hélas pas encore celui du monde.

(à suivre...)

Références

Internet et l'échange gratuit
Pourquoi devons nous veiller à la neutralité des réseaux?
Débit d'initiés sur le Net

De Wiki Grenouille.
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